2.les principes généraux

Maintenant on rentre dans le vif du sujet et l'on va parler un peu technique. Rassurez vous, je vais essayer de faire simple.

A : l'exposition

Ce terme recouvre les paramètres que va adopter votre appareil au moment de faire la photo. Malgré toutes les sophistications apportées à mesure de la lumière, cellulle multizones, prise en compte de la distance, couplage de la cellulle à l'autofocus ( réglage automatique de la netteté) , en fin de de compte toute photographie se résume à deux données. La vitesse d'obturation et l'ouverture du diaphragme. Si l'on faisait une analogie avec la plomberie en admettant que la lumière soit de l'eau, l'ouverture du diaphragme correspondrait au diamètre du robinet et la vitesse d'obturation au temps pendant lequel on va laisser couler l'eau. De l'adéquation de ces deux paramètres avec les conditions de la lumière éclairant le sujet dépendra la qualité de votre photographie, c'est à dire dans le cas qui nous intéresse, une figurine dont les parties claires ne seront pas "cramées" et les parties sombres "enterrées". Bref du détail perceptible dans toutes les parties de nos chefs d'oeuvre.
Et c'est là qu'il est important de savoir qu'un appareil photo voit tout en gris ! Eh oui, votre bijou technologique est atteint de daltonisme sévère. Je m'explique. Lorsqu'il analyse les conditions de lumière juste avant le déclenchement, votre appareil va (plus ou moins bien selon les modèles) effectuer une moyenne de la luminance qu'il aura observée et considérera que cette moyenne représente 18% de la lumière reflétée par une charte gris neutre kodak. Donc, s'il fait mal son travail, un fonds blanc deviendra gris et la figurine placée devant ce fonds un hideux pâté de couleurs sombres, ce qu'on appelle la sous-exposition . Inversement un fonds noir deviendra lui aussi gris, la figurine quand à elle semblera sortie d'un réacteur atomique façon tchernobyl et c'est, vous l'avez deviné, la sur-exposition. La solution réside dans la correction d'exposition. Vous pouvez y accéder sur la plupart des appareils par une touche portant le symbole +/-, ou par une fonction des menus d'appareils numériques souvent adoptant le même symbole. Pour corriger une sous-exposition on va sur-exposer de +1/3, 1/2 voire un diaphragme complet et pour une sur- exposition , on va sous-exposer de -1/3... Bref, vous avez compris.

Bien sûr, souvent ces corrections auraient pu être effectuées via un logiciel tel que photoshop, mais autant partir tout de suite d'une bonne photo, non?

Pour la photo en exemple, j'ai utilisé un fonds blanc, afin d'obtenir une sous-expostion, à mon avis plus évidente à percevoir. La partie gauche de l'image, sans correction, est légèrement trop sombre ( décidement le coolpix 775 est un excellent appareil), la partie droite a été obtenue en corrigeant de +1/3 de diaphragme.

Vous pouvez cliquer sur l'image pour la visualiser en grande taille.

Nous avons vu que l'exposition se résumait en une valeur de diaphragme et une vitesse d'obturation.L'échelle de vitesses la plus communément rencontrée est:
en dessous de la seconde, seconde, 1/2 sec, 1/4 sec, 1/8 sec, 1/15 sec, 1/30 sec, 1/60 sec, 1/125 sec, 1/250 sec, 1/500 sec etc...
Pour le diaphragme les valeurs standards sont:
1, 1.4, 2, 2.8, 4, 5.6, 8, 11, 16, 22, 32
Si les données de vitesse sont aisément compréhensibles, celle d'ouverture du diaphragme demandent quelques mots d'explication. Ce qu'il est important de retenir est qu'entre 2 valeurs la "quantité" de lumière passant dans l'objectif est multipliée ou divisée par deux. Par exemple, il y deux fois moins de lumière entre un objectif ouvert à 5.6 et le même objectif ouvert à 4. Autre notion importante, en photo ce que l'on appelle les petites ouvertures ( celles qui laissent le moins passer de lumière) sont celles qui portent les chiffres les plus élevées . 16 est une plus petite ouverture que 11. J'en vois qui ont du mal à suivre dans le fonds...

Dernier point, la réciprocité. Ici un exemple sera plus efficace qu'une longue démonstration. Il y a réciprocité entre une photo prise au 1/30 seconde ouverture 4 et celle prise au 1/15 seconde ouverture 5.6 car au final la même "quantité" de lumière arrive sur la pelliculle ou sur le capteur. Alors pourquoi se prendre la tête avec l'exposition me direz-vous. Parce que pour la photo de figurine l'ouverture du diaphragme va avoir une influence capitale sur la profondeur de champ, que nous allons étudier dans le prochain chapitre ( et admirez au passage la transition, mieux qu'au JT)

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B: la profondeur de champ (que j'abrévierai en pdf)

Késaco cette bête là ? Schématiquement on peut dire que la pdf est la zone de netteté de votre photo. En la maîtrisant votre figurine sera nette du bout du bolter à l'extrémité de son backpack. Quatre facteurs vont jouer sur la pdf. La distance entre l'objectif et le sujet. Plus elle sera courte, moins la zone de netteté sera importante. C'est mal parti pour la photo de figs... Deuxièmement la focale ( par exemple un zoom peut voir varier sa focale du 35mm au 105mm). Plus la focale est longue, moins la pdf est étendue. Bon, là de toute façon si on n'utilise pas le zoom, on doit rapprocher l'appareil... Tertio, la taille physique de la pelliculle ou du capteur. Plus la surface réceptrice est grande, moins il y a de pdf. Ca tombe bien, les compacts numériques ont des capteurs de très petite taille. Et enfin, à mon avis ce qu'il y a de plus important, l'ouverture du diaphragme. Pour celle-ci, de deux choses l'une, soit votre appareil vous laisse la possibilité de régler le diaphragme, ce que l'on appelle la priorité à l'ouverture, et il convient d'adopter la plus petite ouverture possible (11, 16, 22 vous vous rappelez ?), soit il ne fonctionne qu'en tout automatique, comme le coolpix 775 qui a finalement un défaut, et la seule solution est d'éclairer plus fortement la figurine, ce qui aura pour effet de fermer le diaphragme. Si l'on s'en tient à la liste de matériel donnée dans la première partie de ce tutorial, il vous faudra rapprocher votre lampe.

Un dernier point point avant de vous laisser tirer la substantifique moëlle de mes propos, du fait de la réciprocité, fermer le diaphragme veut dire obtenir une vitesse plus lente. D'où la quasi nécéssité de travailler avec un pied photo sous peine de voir votre fig se transformer en chef d'oeuvre d'art abstrait.

Exceptionnellement pour la photo d'illustration de ce chapitre j'ai utilisé mon appareil pro afin d'obtenir une image plus parlante. La partie gauche est prise à une ouverture de 3.5, celle de droite à une ouverture de 32.

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C: la température de la lumière

Encore un de ces termes barbares que semble affectionner le milieu photographique ! Rassurez vous, je ne vais pas vous embarrasser l'esprit avec une dissertation sur les caractéristiques colorimétriques de la lumière. Ce qu'il vous faut retenir est que la qualité de la lumière varie et que ces variations peuvent être mesurées en ce que l'on appelle les degrés Kelvin ( °K). La température de la lumière peut varier en fonction de l'heure de la journée (observez donc un même endroit au coucher du soleil et en plein midi), en fonction de la position géographique ( comparez la lumière d'un tableau de Vermeer et celle d'un Cézanne et vous comprendrez ce que je veux dire). Enfin, et c'est ce qui nous intérésse en premier lieu, la température de la lumière peut varier en fonction de la source de celle-ci.
Paradoxalement, plus la température de la lumière sera basse plus la perception que nous en aurons sera celle d'une lumière "chaude" . A 2000 °K, la lumière est orange-rouge, à 10000 °K, elle sera bleue. Pour ceux que cela intéssera, ceci est du au fait que l'on s'est aperçu que "la coloration d'une lumière était en étroite corrélation avec la température à laquelle il faut chauffer un corps pour qu'il produise une lumière semblable"(Formation Labo, éditions VM, vous croyez quand même pas que j'ai sorti ça tout seul !). La surface sensible d'un appareil photo, pelliculle ou capteur, est étalonnée sur la température de la lumière du jour (environ 5500 °K) et cette surface ne possède pas les facultés d'adaptation de notre oeil. Ce qui explique pourquoi, lorsque vous prenez une photo éclairée par une ampoule classique vous vous retrouvez avec une dominante jaune-orangée. Maintenant que vous avez compris le pourquoi ( parce que vous avez tous compris, hein....), voyons comment gérer ce type de problème. Je vous propose trois solutions, par ordre croissant d'efficacité et de simplicité, du moins à mon avis.

Premièrement vous pouvez corriger la dominante dans un logiciel de retouche.
Dans Photoshop 5 , menu Image>réglages>balance des couleurs ou Image>réglages>niveaux en cliquant sur le menu déroulant RVB. Mais cela vous demandera une connaissance minimum de la théorie des couleurs, pour un résultat qui ne sera pas toujours impeccable.

Deuxièmement vous pouvez adapter votre appareil aux conditions de prise de vue. Dans le cas d'un reflex argentique en utlisant un filtre de correction coloré ( filtre bleu-cyan ref 80A pour une ampoule à incandescence). Pour un appareil numérique en jouant sur le réglage de la balance des blancs. La plupart des appareils proposent plusieurs préréglages de celle-ci dont"incancescence" ou "fluorescent". Certains appreils permettent même de procéder à un réglage manuel de la balance des blancs . Schématiquement la manoeuvre consiste, sous l'éclairage dont vous disposez, à placer une surface blanche devant l'appareil (une feuille de papier convient parfaitement) pour que celui-ci étalonne toutes les couleurs depuis cette référence.

Enfin, et c'est la solution que j'ai retenu, vous pouvez utiliser des ampoules type "lumière du jour". Elles sont disponibles pour les éclairages de type fuorescent ou pour les éclairages classiques. Dans ce dernier cas, elles se présentent sous la forme d'ampoules bleutées, ce qui est logique puisqu'elles corrigent la dominante jaune-orangée de l'incandescence. Sous leurs deux formes, on peut très facilement les trouver dans les magasins spécialisés en bricolage.

N.B : disposant d'un éclairage type lumière du jour, j'ai dû leurrer mon fidèle coolpix 775 pour les besoins de l'image de démonstration. Sur la photo de gauche, je suis passé en balance des blancs manuelle et ai présenté à l'appareil une feuille bleue comme blanc de référence. Pour la photo de droite, j'ai utilisé une feuille blanche, les autres paramètres restant inchangés.

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D: réglages de l'appareil

Ce chapitre sera beaucoup plus court que les précédents, puisque je n'évoquerai que les réglages relatifs au "set-up" ( paramétrage initial) d'un appareil photo numérique.

Le premier paramètre à régler sera celui de la résolution. Le plus souvent, le choix qui vous est proposé consiste à selectionner un niveau de compression jpeg ( je vous en dirai plus sur cette compression dans la quatrième partie). Celà peut se traduire, par exemple, par les termes "normal", "fine", "super-fine" etc.... Certains appareils peuvent également vous permettre d'enregistrer vos images en "tiff" ( pas de perte d'information mais poids du fichier en conséquence...) voire même en raw"( surtout dans le matériel haut de gamme). Le format raw est le format d'enregistrement natif du capteur de l'appareil numérique. Il permet d'obtenir un fichier contenant toutes les informations enregistrées, avec un poids moindre qu'en tiff. Mais les images enregistrées en raw ne peuvent être lues que par l'intermédiaire du pilote spécifique fourni avec l'appareil. On ne peut, pour l'instant, pas ouvrir directement une image enregistrée en raw depuis photoshop, par exemple. Enfin certains appareils peuvent vous proposer de définir la proportion du capteur qui sera utilisée pour capturer l'image. Pour ma part, je vous conseille d'enregistrer vos images dans le plus fin niveau de compression jpeg ( en gros celui avec lequel vous pouvez enregistrer le moins d'image sur votre carte mémoire) et en utlisant la totalité du capteur. Ce qui représente à mon avis le meilleur compromis entre le poids du fichier et la qualité de l'image.

Sur la plupart des appareils numériques vous pouvez également régler le niveau de contraste, de saturation des couleurs ( couleurs plus ou moins pures) et l'accentuation de la netteté de l'image. En ce qui concerne ces trois paramètres, ma recommandation sera simple : laissez les réglages tels que définis par défaut par l'appareil. Une image un peu "molle" pourra facilement être améliorée dans un logiciel de retouche d'images. L'inverse sera beaucoup moins vrai pour une image trop contrastée, dont les couleurs seraient trop saturées ou dont le niveau d'accentuation de la netteté serait trop prononcé.

- A : l'exposition - B: la profondeur de champ - C: la température de la lumière - D: réglages de l'appareil -

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