Bon, c'était il y a un bout de temps, genre ouatmil lancers de poissons avariés, faut dire que ces dernières semaines ont été très prolifiques en la matière... J'avions commis un Destroyer, et vous avais promis un tuto sur la chose. Comme vous devez commencer à en avoir l'habitude avec moi, il y a souvent un "certain" délai entre l'annonce et la réalisation, mais si l'on sait attendre je tiens généralement mes promesses.

Quelques précisions d'abord. La peinture et le nom du char sont inspirés d'un des 2 Destroyers apparaissant dans Honour Guard de Dan Abnett, si je ne me trompe c'est le 4ème volume des Gaunt's Ghosts. L'antenne provient d'un vieux kit de Lemen Russ. Dans un premier temps j'avais utilisé une tige métallique, mais un petit bonhomme de 6 ans très curieux vous fait changer votre sens des priorités. Je prèfère que l'antenne se casse plutôt qu'il perde un oeil...

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J'ai volontairement choisi de faire un char "out of the box". Donc pas de rajout, détaillage ( parce que si on commence dans ce domaine, on n'a pas fini tant l'ensemble GW + FW est à des années-lumières des standards que l'on peut rencontrer dans le maquettisme treditionnel. En vrac chenilles, lot de bord, episcopes etc... etc... ). Pas d'impedimenta non plus, j'ai estimé que, d'une manière générale, on en rencontrait peu sur les chasseurs de chars à casemate fixe dont s'inspire le Destroyer.


Montage sans fait notable donc, si l'on excepte les habituelles farces Forgeworldesques à base de pièces warpées et de résine irrégulièrement coulée. En l'occurence j'ai dû réaliser un bon mastiquage de la jonction du glacis avant avec la coque inférieure et de la plaque jointive des coques arrières supérieures et inférieures. Dans ce dernier cas j'avais monté la pièce dans le mauvais sens, faut dire que sans plan de montage hein...

 

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Bien, après le montage, passage à la sous-couche. Habituellement, j'utilise mon aérographe pour cela, mais comme l'acrylique accroche moyennement sur la résine, même lavée, j'ai préféré employer une bombe GW. Et comme d'habitude j'ai réussi à foirer le bouzin et à obtenir une sous-couche granuleuse. Et pourtant je pensais bien avoir respecté le protocole opératoire. Bon, heureusement, c'est pas comme si la résine FWétait parfaitement lisse non plus...

Je pratique ensuite un pré-ombrage au Prince August Air 57 noir très dilué, sur les creux et les arêtes de la maquette, à l'aérographe.
Un oubli, enfin. Entre la sous-couche et le pré-ombrage, j'ai posé 2 fines bandes d'adhésif à masquer Tamiya, ce qui me servira ultérieurement à réaliser des marquages que l'on pourra imaginer être de victoire ou autres.

 


Après le pré-ombrage j'ai préparé un mélange pour ma couche de base, dont j'avais trouvé les proportions dans le volume consacré aux blindés de l'encyclopédie du maquettisme, constitué de 50% de Tamiya XF 50 Field blue, 60% de XF 63 German grey et 20% de XF 18 Medium Blue. J'ai dilué ce mélange dans le diluant de la même marque à raison de 1 volume de peinture pour 3 volumes de diluant. Il est à noter que les peintures Tamiya ne se diluent pas dans l'eau. Il convient d'utiliser soit le diluant spécifique soit de l'alcool à brûler.
C'est aussi peu après que j'ai découvert l'extrême fragilité des acryliques Tamiya aux chocs et à l'abrasion, ce qui m'obligea à de multiples séances de retouche.

J'ai vaporisé ma couche de base en plusieurs fins passages de manière à ne pas dissimuler complètement mon pré-ombrage.
Après avoir rajouté un peu de XF2 blanc à mon mélange, j'ai passé le bleu-gris éclairci au centre des panneaux, continuant le travail de patine.

 

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je réalise le camouflage du char en vaporisant à main levée du XF 13 Japan Army Green, très dilué. Et là 2 constatations. D'une part, je ne maîtrise pas encore mon aérographe et n'arrive pas à réaliser des rayures aussi fines que je le souhaiterais (faut dire que mon compresseur qui ne me permet pas de régler la pression d'air ne m'aide pas). D'autre part le vert des rayures ne se détache pas assez de la base bleu-gris et ce malgré de multiples passages. Comme je l'avais craint à ce moment, ces rayures disparaîtront quasi complètement sous les différentes étapes du weathering.

Pour unifier la peinture et continuer le travail de patine, je vaporise sur toute la maquette un voile de Prince August Air 005 Bleu intermédiaire ( Us navy WWII) + PA 955 chair mat, mélangés à environ 50/50.

 

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Avant de s'attaquer réellement à la patine ou weathering du Destroyer, il est temps de réaliser les marquages au nombre de 4, pour autant de méthodes d'application.

Le premier, le plus simple, consiste simplement à retirer les bandes d'adhésif de masquage placées sur le canon avant le pré-ombrage.

 

 


Ensuite je procède à la pose du nom du Grey Venger. Pour ce faire, j'utilise une planche de transferts à sec Archer et plus précisément la planche générique destinée aux véhicules alliés de la 2ème guerre mondiale. On pose le transfert à l'endroit du marquage, on frotte avec le dos d'un pinceau et la lettre se dépose sur la maquette. Le plus compliqué étant de conserver un bon alignement. Une fois le nom terminé, je protège le tout avec une couche de vernis PA Air mat pur.

Le troisième marquage est celui du régiment. Celui qui figure dans le roman Honour Guard est le régiment blindé de Pardus, mais sans aucune mention de son insigne.
Grâce à Mr "1/6e" Bob, j'ai découvert qu'il existait un régiment blindé canadien homonyme dont l'insigne était une tête de panthère. Malheureusement le seul décal de panthère en ma possession s'est littéralement désintégré lorsque j'ai voulu le poser ( il s'agissait d'un élément d'une planche Dragon). Je me suis alors rabattu sur le lion de la planche des bretonniens, posé selon ma méthode habituelle . Une couche de vernis PA Air brillant, je pose le décal détouré au plus près, un coup de microsol pour assouplir le décal ( Daniel Earenciel me dit à l'oreillette que le vinaigre marche aussi, mais je ne sais pas à quelle dilution) et pour finir une couche de vernis PA Air mat pour sceller le décal et masquer les bords.

Le dernier marquage est celui du numéro d'identification du Grey Venger. Là aussi pas d'indication dans Honour Guard.
Je me suis basé sur l'organisation d'un régiment blindé donné dans l'Imperial armour III ainsi que sur les codes de marquage de l'IA I. Le Grey Venger est donc le 1er char du 1er escadron de la 7ème compagnie, rattachéée au QG du régiment. Pour le marquage j'ai réalisé un pochoir sur mesure dans de
l'adhésif repositionnable, que j'ai fixé sur les côtés à l'aide de bande masque. La peinture blanche a ensuite été passée à l'aérographe. La présence de trappes, que je suppose être d'entretien, à cet endroit implique que les marquages seront tantôt nets ,tantôt diffus. Ce qui ne me plaît pas trop, même si ça pourrait passer pour une application à la va-vite avant un début de campagne. A la réflexion un pochoir individuel pour chaque chiffre aurait peut-être été plus judicieux.

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La peinture de base étant terminée, il est temps de s'amuser un peu et d'attaquer la patine du blindé, aussi appelée weathering.

Avant de commencer, il est important d'avoir en tête une image précise de l'environnement opérationnel dans lequel évolue votre blindé. Chose à laquelle vous aurez d'ailleurs eu à penser dès la phase du camouflage.
Depuis quand votre véhicule est-il en opération ? Dans quelles conditions climatiques, dans quel type de paysage, dans des conditions"normales" ou extrêmes, etc etc... Il est évident que le vieillissement ne se traduira pas de la même façon sous un climat désertique tel que Taros ou dans les tempêtes de neige de Valhalla. Comme je l'ai déjà indiqué, mon Destroyer est basé sur le roman Honour Guard, plus précisément au moment de la bataille de Bhavnager. D'après ce qu'on peut lire le monde-temple de Hagia semble bénéficier d'un climat tempéré, du moins dans la province de Doctrinopolis et l'action se situe vers la fin de l'été, donc pas ou peu de pluie. Au moment de la bataille, les blindés ont fait plusieurs jours de route, au début de la campagne, il n'y a pas eu de pluie depuis le départ mais pour prendre position le Grey Venger a taversé un bois. Sur la maquette, tout ceci doit se traduire par une patine relativement légère, donnant plutôt une impression de poussière avec un peu de boue sur les bas de caisse pour la traversée du bois, la poussière doit sembler provenir de sols terreux plutôt que de sable. Enfin il faut aussi prendre en compte le fait que fluffiquement les machines blindées de l'Imperium sont pluri-centenaires (Kolossale Rigolade...), la rouille peut donc sembler assez ancienne.

Les objectifs étant fixés, je commence par un jus d'huile Gris de Payne sur tout le véhicule. Avrai dire je pense que j'aurais pu en faire un second plus localisé sur les creux et autour des parties saillantes, suivi d'un léger drybush appliqué en respectant les zones du camouflage.

Précision concernant cette partie, seule la partie arrière du blindée a reçu le jus gris de Payne, a peu près jusqu'à la 2ème bande de camouflage en partant de la droite.


Après le jus d'huile gris de Payne, j'ai voulu essayer une technique d'usure de la peinture et d'éraflures. Après avoir découpé un petit morceau de scotch brite je prends un peu de peinture assez épaisse avec celui-ci et procède à l'application en taôtant sur la maquette. En l'occurence un mélange d'huile gris de payne + terre de sienne brûlée + une touche de blanc de titane, le tout légèrement dilué. J'ai rapidement arrêté car je manquais de contrôle et l'effet d'usure était trop appuyé compte tenu des objectifs que je m'étais fixé.

Cependant la méthode ne manque pas d'intérêt pour un blindé évouluant en milieu extrême ou pour un camouflage hivernal par exemple.

L'étape suivante consiste à apporter un peu de variété chromatique au Destroyer et également de faire de légères coulures de rouille sur la coque. Pour cela, je place de petites touches de différentes couleurs à l'huile sur l'ensemble de la maquette et les estompe en "tirant" ces couleurs en passant un pinceau plat humecté ( pas imbibé, hein) de white spirit et ceci toujours de haut en bas et en essuyant régulièrement le pinceau sur un essuie-tout.

On pourra si on le souhaite, répéter cette étape pour obtenir des effets plus appuyés pour la rouille ou les traces dues à la pluie, en utilisant du blanc et du noir pour ce dernier fait.

Les couleurs que j'ai utilisées : blanc de titane, terre de sienne brûlé, noir de fumée.


Ci dessus, le blindé après application des filtres à l'huile.

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Avant-dernière étape, les chenilles. J'aurais également pu les peindre à part pour plus de simplicité. D'un autre côté, traiter les chenilles déjà posées évite tout souci lors de la mise en place et assure un bon collage des différents tronçons. A chacun de peser le pour et le contre.

Je pose une couche de base d'un brun très foncé résultant d'un mélange de Humbrol H33 Noir mat et de H60 écarlate. A propos de la peinture Humbrol, le diluant de la même marque apporte à mon avis le maileeuréquilibre entre temps de séchage, conservation du pouvoir couvrant et homogénéeité du mélange. J'utilise le même mélange pour assombrir meséchappements et estompe les bords avec un pinceau humecté de diluant.

Je réalise un jus très dense d'huiles Noir de fumée avec une pointe de terre d'Ombre Brûlée que je passe libéralement sur les chenilles. Je pratique ensuite un brossage à sec de H27003 Steel Cote que je polis à l'aide d'une estompe. Si vous ne disposez pas d'une estompe, vous pouvezégalement utiliser un coton-tige, ce qui sera néammoins beaucoup moins pratique.

Exceptionnellement, pas d'images pour cette étape, que j'ai oublié de prendre en photo.

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La dernière étape de la réalisation de ce destroyer sera celle de l'application de pigments. Ceux-ci permettent de réaliser de façon particulièrement rapide et efficace les effets d'empoussiérage et de projections de boue.

Les pigments de la marque MIG Productions font référence dans le milieu du maquettisme traditionnel. Il faut dire qu'ils sont particulièrement fins, bénéficient d'une saturation de couleurs très élevée, que la gamme de couleurs est étudiée pour l'utilisation sur maquettes et qu'ils ont la caractéristique d'adhérer sur des surfaces vericales quasiment lisses. . Mais à plus de 3€ le pot d'une contenance moindre qu'un pot GW, ça fait cher la terre colorée... La gamme de pigments CMK bénéficie également d'une bonne presse mais je ne l'ai pas testée. Légèrement moins fins mais beaucoup moins chers et disponibles dans des contenances plus intéréssantes (170g), il y a aussi les pigments de la gamme Sennelier dans les magasins de beaux-arts. Il y enfin les pots de pigments (ou terre à décor) chez Casto aux environs de 5€ les 200 grammes et pour être franc ce sont ceux que j'utlise le plus souvent.
Je recherchais l'effet d'un blindé ayant roulé sur un sol sec (toujours en fonction de ma réflexion pré-weathering) avec un court passage en sous-bois . Pour les chenilles, j'ai appliqué par tapotement à l'aide d'une brosse plate les pigments suivants, en diminuant les quantités entre chaque couleur : Brun Van Dyck (Sennelier), Terre de Sienne claire, Jaune de mars, Ardoise claire. Les 3 dernières couleurs venaient de chez Casto. Une fois les pigments posés, je les ai fixés par application de white spirit. J'ai empoussiéré la caisse en utilisant les mêmes couleurs, mais cette fois-ci déposées en saupoudrant les zones à traiter à l'aide de ma brosse plate et en repoussant les pigments dans les creux et coins où la poussière se déposerait naturellement. Comme cet empoussiérage ne sera fixé que par la couche finale de vernis mat, à partir de ce moment je ferai très attention à ne plus manipuler la maquette que par le dessous, pour éviter toute trace de doigt.

Enfin j'ai terminé en effectuant un léger effet de projection de boue.
Pour ceci j'ai appliqué du medium acrylique brillant sur le bas de caisse et ai généreusement barbouillé ce médium d'un mélange de pigments Brun Van dyck et Terre de Sienne claire.

Et c'est là que je me suis aperçu que je m'étais planté dans les grandes largeurs ! Mon Grey Venger avait une dominante brun-rougeâtre rééllement trop prononcée. J'avais tout simplement oublié que les pigments ne retrouvent pas forcément en séchant la couleur qu'ils avaient avant application et même qu'ils peuvent avoir différentes nuances selon que l'on utilise de l'eau, du medium, du vernis ou du white spirit pour les appliquer ou les fixer.Rappelez vous donc qu'il est indispensable de faire des essais préalables, par exemple sur le dessous du blindé.

Heureusement l'application de mon vernis mat (Testors dull cote, hobbyist's best friend !) allait gommer une bonne partie de cette bourde, m'évitant la refection de l'empoussiérage.

Me voici donc arrivé au terme de ce tutorial. Je le répète encore une fois, il ne s'agit pas de la méthode ultime pour traiter les blindés, très loin de là. J'espère simplement que vous y trouverez une ou deux astuces utiles à vos propres réalisations et surtout que je vous aurais évité de faire mes propres erreurs.

Vous trouverez ici d'autres photos du Grey Venger.

Le Snot à Barbe

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