Par Fiontus

Pour mes premiers décors où j’ai voulu rendre un aspect gothique, je me suis dit : allez, deux trois fenetres en ogive et ce sera bon…Et ça n’a ressemblé à rien.
Petite leçon d’histoire, pour comprendre le gothique, étudions ce qu’il n’est pas : du roman. L’art roman, c’est des ouvertures arrondies, peu nombreuses dans des murs massifs, dans un souci de défense. Mettre plus d’ouvertures aurait fragilisé les murs et empêché le bâtiment de résister à son propre poids.
L’art gothique, c’est l’arrivée de la lumière naturelle, et pour cela on change de technique : les murs sont fins, avec de nombreuses fenêtres en ogive, et pour porter le bâtiment, il y a des piliers dans la structure du mur. Ces piliers sont très souvent flanqués de contreforts, plus ou moins ouvragés.
C’est là que réside tout le secret : il faut travailler la surface des murs en profondeur.
Voir les notes jointes tirées de bâtiments réels, je ne parlerai que de ce qui nous intéresse, la réalisation de décors.

Juste un petit rappel général, ne pas oublier que même si on recherche un aspect particulier, on fait un décor de jeu : laisser la place pour les figurines, par escouades, et vérifier la hauteur des étages et des fenêtres avec une figurine standard. Prévoir aussi les passages (escaliers, échelles) pour accéder aux terrasses ou étages. Il est possible d’utiliser les échelles de cloisons Necromunda, technique employée sur le cloître, pour accéder à la terrasse intérieure. J’ai utilisé la cloison complète comme décoration, à l’intérieur de la coursive, et placé une petite niche à l’aplomb de l’échelle, sur la terrasse. On l’aperçoit sur la seconde photo.

Toujours travailler d’après un plan fait à l’échelle et tracé à la règle et au compas. On ne recrééra JAMAIS la rigueur et la finesse du gothique à main levée. Ca prend du temps, oui, mais faire un décor qui ne ressemble à rien en gaspille !

Donc, les matériaux de base sont le carton plume de 5mm, de 10mm (le carton plume est fait d’une couche de mousse entre deux feuilles de bristol, en magasin d’arts/de fournitures bureau) et le carton fort de 2mm, j’utilise les grands calendriers industriels. Un réglet métallique, un cutter avec beaucoup de lames (il faut qu’elle soit toujours parfaitement tranchante pour ne pas arracher le carton ou déchirer la mousse du carton plume.)

 

Les contreforts :

Carton plume de 5 mm pour les petits bâtiments, 10mm pour les gros ( 30cm de long et plus).
Il faut que la largeur du contrefort s’amenuise en montant, le plus simple est de faire une ou deux réductions obliques.
Ils peuvent être courts (2/3 de la hauteur du mur), aussi hauts que le mur, voire dépassants, au niveau du toit. Dans ce cas, ils se terminent par un petit clocheton, ou comme un toit perpendiculaire au mur.
Ils sont espacés de 5 à 10 cm maxi, et il y en a à chaque coin de mur.
On peut les utiliser pour intercaler un toit et une façade supplémentaire, pour élargir une base de bâtiment, comme sur la tour carrée du côté droit du cloître.
Sur le Temple d’Inquisition, j’ai percé un passage dans les contreforts latéraux, qui enjambent une terrasse.


les piliers :

Simples bandes de carton, ou de carton plume, ce sont eux qui reçoivent les contreforts. on peut faire plus spectaculaire comme sur le bloc d’habitation : une épaisseur de mur creusée de larges ogives.

Entre ces piliers se trouvent les fenêtres et les portes. Pour la forme d’ogive, c’est simple : dessiner un carré, par exemple une fenêtre assez large de 30mm x 30mm (moyen 20x25 et fin 15x25mm). Au compas, ouvert à la largeur de la fenêtre, pointer le coin haut gauche, et tracer la courbe en haut à droite. Faire l’inverse, et c’est tout!

Comme tailler une ogive est fastidieux, vous pouvez faire les fenetres carrées, et seulement faire les fenêtres du dernier étage en ogive.

Pour faire de très belles ouvertures, grosses fenêtres ou portes, il suffit de faire deux ogives espacées de 5 à 10mm sur du carton, puis, découper un cercle juste au dessus du pilier qui sépare ces deux battants. Une grande ogive englobant le tout est découpée dans le mur, et la pièce de carton est collée par derrière.
On peut travailler encore l’épaisseur en rajoutant un arc au dessus de tout cela, ou deux tiges inclinées (très grandes allumettes).
Autre truc : conservez la partie découpée dans l’ogive, en retaillant dedans vous récupèrerez un arc pouvant meubler la façade…

Les toits :

Ils forment un angle de 75°, et peints en vert-de-gris (cuivre oxydé). Souvent une fenêtre ou même la façade entière dépasse, formant deux toits imbriqués à 90°, comme sur la façade du cloître. Toujours sur ce bâtiment, on peut voir que j’ai élargi la base de la tour de droite entre les contreforts et que j’ai rajouté un petit toit, pour donner un aspect plus massif à cette tour.

Bien sûr, utiliser les cloisons de Necromunda pour meubler une façade est une bonne idée, mais il faut découper le cadre et retirer l’échelle…

Les Gargouilles se collent au sommet de contreforts. Des exemples de gargouilles sympas : les gueules de canons de véhicules du Chaos, les Harpies pour Warmaster, les têtes de figs plastiques de jeux bon marché, comme Heroquest…Toujours acheter un véhicule du Chaos, même si vous jouez impérial, car le prix est le même mais vous avez la grappe d’accessoires Chaos en plus !

Pour rendre un bâtiment complexe, on peut imbriquer des tours de formes différentes, comme sur le côté gauche du cloître : l’angle carré du bâtiment est flanqué d’une tour ronde (rouleau de PQ), et se termine par une tour octogonale.

L’idée de cette tour octogonale m’est venue en voulant masquer le virage que forme le toit à cet endroit. De simples tiges de bois taillées au taille crayon et collées dans les angles donnent un aspect plus riche.

Sur le bloc d'habitation, on peut voir une cage d’escalier accolée au mur et coincée entre deux contreforts imposants et ouvragés au niveau des réductions (forme de toit en façade).
Voilà, j’espère qu’avec ces quelques astuces et beaucoup de patience vous arriverez à un résultat qui vous plaît !

 

Le cloître

 

Le Bloc d’habitation

 

Le Temple de l'Inquisition

 

A noter qu'il existe une rubrique scratchbuilding du même auteur sur www.hearthguards.com.

Si malgrés tout, cela vous semble trop difficile pour vos deux mains gauche de droitier, le lien suivant peut vous sauver.

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